Alberto Hurtado est un jésuite chilien mort en 1952, âgé de 51 ans.

 

Alberto a quatre ans quand son père, un fermier, meurt subitement après une chevauchée à la poursuite de voleurs de bétail. Désormais, il est pauvre. Sa mère, ruinée, part pour Santiago et réussit à éduquer ses deux garçons qui feront même leurs humanités au collège Saint-Ignace. Alberto, très sensible au drame du quart-monde, voudrait entrer tout de suite au noviciat des jésuites pour devenir prêtre des pauvres. Mais sa mère et son petit frère ont besoin d'un salaire pour survivre ... Après sa rhétorique, Alberto prend un travail à mi-temps et consacre l'autre moitié de sa journée à étudier le droit à l'Université Catholique de Santiago du Chili. Dans le quartier le plus misérable de Santiago, il fonde un patronage puis un secrétariat social et une école du soir. Licencié en droit, en 1922, passionné de problèmes sociaux, il n'oublie pas pourtant sa vocation et aspire à rejoindre le noviciat des jésuites.

Grâce à Dieu, sa mère, après dix-huit ans de veuvage, vient de gagner le procès intenté aux requins qui avaient abusés de son inexpérience. Désormais, elle peut vivre à l'aise.

Alberto entre au noviciat le 14 Août 1923. Études littéraires en Argentine. Philosophie en Espagne. Théologie, pédagogie et psychologie à l'université de Louvain.

Quand il rentre à Santiago, en 1936, il n'a plus que seize ans à vivre ... Seize années qui vont marquer l'Eglise du Chili. D'abord affecté à la formation de l'Action catholique, il dépense toutes ses forces à faire connaître la doctrine sociale des Papes, à conscientiser les classes dirigeantes, à réveiller la foi et l'espérance des classes laborieuses. Il est à la fois l'homme des syndicats chrétiens, l'aumônier des universitaires et l'apôtre du quart-monde. Son zèle fougueux mais plein de respect pour les personnes se déploie dans des publications, dans des sermons, des retraites, une action multiforme d'éveilleur des consciences et d'apôtre des petits.

Un matin, d'octobre 1944, au cours d'une retraite qu'il dirige pour un groupe de dames, il leur fait part d'un événement qui l'a bouleversé : la veille, très tard dans la soirée, un homme sans logis, grelottant de fièvre, à peine vêtu, lui a demandé l'aumône pour passer ne fusse qu'une nuit à l'hôtel et soigner son angine ...

"Et cet homme, c'est notre frère, un enfant de Dieu comme nous ! Que fait l'Eglise pour ses enfants de la rue qui dorment à la belle étoile et se réveillent frigorifiés ?"

Touchées au coeur, les dames se concertent et agissent immédiatement : argent, chèques, bijoux sont donnés au Père. Un quotidien lance un appel à la générosité de ses lecteurs. La réponse du public dépasse toutes les espérances. Le 21 décembre, la première pierre du "Foyer du Christ" est bénie par l'évêque. Le miracle quotidien a commencé ... Actuellement, cette oeuvre a besoin de dix millions de dollars par ans. L'Etat lui en donne huit cent mille, le reste est fourni par la providence, moyennant la charité des chrétiens ...

Le Père Hurtado devient une figure populaire. Il intervient à la radio, écrit des journaux, donne des conférences ... On parle partout de ses missions, au volant de sa camionnette verte, pour recueillir en pleine nuit d'hiver les va-nu-pieds, les clochards, et leur offrir un toit, une lit, un repas chaud, une amitié surtout ...

Pour mieux conscientiser son pays, il trouve encore le temps de fonder une revue, "Mensaje", qui diffuse la pensées sociale des Papes et éveille les consciences. Il multiplie aussi ses visites aux ouvriers des mines, des usines, des ports pour les aider à créer un syndicalisme chrétien.

Un prêtre ouvrier français, invité à se ménager, disait :"Je préfère mourir jeune, usé, que vieux, moisi.." Le 18 Aôut 1952, Alberto Hurtado, atteint d'un cancer au pancréas, meurt à l'hôpital, entouré de la vénération et de l'amour de tout un peuple. Sa prière préférée était : "Contento, senor, contento !" Son dernier mot à son Supérieur fut : "Croyez bien, Père, que je suis heureux, profondément heureux."

Il avait reçu la nouvelle de sa mort prochaine comme un immense cadeau de Dieu : "J'ai gagné à la loterie ! Je suis heureux, heureux !

Le Pape Jean-Paul II a béatifié Alberto Hurtado le 16 octobre 1994.


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